Un journaliste franco-canadien condamné à six mois de prison pour une fausse alerte à la bombe

Accusé d’être l’auteur d’une fausse alerte à la bombe, un journaliste franco-canadien a été condamné, jeudi, par un tribunal d’Athènes (Grèce) à six mois de prison avec sursis pour « diffusion de fausses informations ». Selon un communiqué de Reporters sans frontières, le reporter indépendant Romain Chauvet, qui travaille en Grèce pour plusieurs médias canadiens et français, a été interpellé et placé en garde à vue, le 12 octobre dernier, alors qu’il s’apprête à couvrir le rapatriement de ressortissants canadiens en provenance de Tel Aviv via l’aéroport international d’Athènes.

« Comme c’était un vol non commercial, il n’était pas affiché sur les écrans de l’aéroport, a-t-il expliqué à Radio Canada. Je suis donc allé voir une dame au guichet d’information pour lui demander à quelle heure ce vol allait arriver. » Quelques minutes plus tard, il est arrêté par la police qui l’accuse d’avoir « voulu tester les systèmes de sécurité de l’aéroport ». « J’aurais dit à cette dame [du guichet d’information] qu’il y avait une bombe à bord de l’avion, a-t-il poursuivi. J’ai seulement demandé à quelle heure arrivait un vol pour faire mon travail. J’avais les autorisations, ma carte de presse canadienne et, en quelques minutes, ta vie s’arrête et tu te retrouves derrière les barreaux dans une cellule. »

107e sur 180 au Classement mondial pour la liberté de la presse

RSF « est choquée de la condamnation d’un journaliste basée sur un dossier sans preuves solides, dans une procédure parole contre parole dans le cadre de laquelle le doute aurait dû profiter à l’accusé », indique l’organisation dans son communiqué, rappelant que la Grèce « occupe la 107e place sur 180 pays au Classement mondial pour la liberté de la presse établi par RSF en 2023, se classant ainsi dernier des pays de l’Union européenne ».

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