Sommeil, alimentation, bien-être… Quelles sont les vertus santé de l’automne ? (promis, il y en a)

L’été caniculaire aura joué de longues prolongations, mais cette fois-ci, on y est pour de bon : c’est l’automne. Qu’on le veuille ou non, le temps est venu de ressortir la panoplie de cette saison intermédiaire : bottes, parapluie… et option grimace et moral dans les chaussettes pour celles et ceux qui sont cueillis par la dépression saisonnière quand l’automne pointe le bout de son nez, que le changement d’heure nous prive d’une heure de soleil et que le thermomètre baisse inexorablement.

Mais si l’automne n’est pas la tasse de thé de tout le monde, il a pourtant de nombreuses vertus (si, si, promis !). Pour notre santé physique comme mentale. Les voici.

Des bienfaits dans notre assiette

Autre fruit de saison : le raisin, « très riche en antioxydants, poursuit le nutritionniste. Il contient notamment du resvératrol, qui renforce l’immunité en luttant contre les radicaux libres qui peuvent causer de la fatigue, et qui lutte aussi contre le vieillissement ».

Si nous sommes ce que nous mangeons, pour un corps et un esprit en pleine santé, il faut veiller à ses apports en bons nutriments. Un précepte ancestral, puisque Hippocrate, considéré comme le père de la médecine, disait lui-même au Ve siècle avant J.-C. : « Que ton alimentation soit ton médicament, et que ton médicament soit ton alimentation ». Et ça tombe bien, l’automne enrichit nos menus de fruits et légumes de saison. « Il marque le début de la saison des agrumes, notamment les clémentines, mais aussi des kiwis, explique Raphaël Gruman, nutritionniste. Des fruits très riches en vitamine C, qui favorise un meilleur moral et permet de renforcer le système immunitaire. En pratique, un kiwi et deux clémentines chaque jour assurent les besoins quotidiens en vitamine C ».

Sans oublier les légumes stars de la saison, aux couleurs de l’automne. « Les légumes orange, comme les courges, telles que le butternut et le potimarron, ajoute Raphaël Gruman. Elles sont riches en bêtacarotène, qui vont donner bonne mine, et sont très intéressantes pour leur teneur en vitamines et en fibres. Elles ont l’avantage d’être faciles à préparer, pauvres en calories et riches en goût, parfaites en soupes réconfortantes ».

Et pour une assiette santé complète, « le radis noir est intéressant pour la détox du foie, prescrit-il. Les légumes à feuilles vertes tels que brocolis et épinards, sont, eux, bons pour la santé des yeux : ils préviennent la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge) ».

Une saison chronobiologiquement plus adaptée

Cela ne vous aura pas échappé : ce dimanche, à 3 heures, il sera 2 heures. Nous passerons ainsi à l’heure d’hiver, avec la nuit qui tombe vers 17 heures. Si cela ne tenait qu’à nous, nous serions nombreux à ne vouloir vivre qu’en été, où le soleil s’étire jusqu’en milieu de soirée. Un désir illustré par les résultats de la consultation européenne sur la fin du changement d’heure lancée en 2019. Rien qu’en France, plus de 2,1 millions de personnes ont répondu. Et si 84 % se sont prononcés en faveur de la suppression du changement d’heure, 59 % ont voté pour l’heure d’été, contre 37 % pour l’heure d’hiver. « Ils ont interprété cette question comme “préférez-vous l’hiver ou l’été”. Et évidemment, tout le monde préfère l’été, indiquait alors à 20 Minutes le Dr Claude Gronfier, neurobiologiste, directeur de recherche à l’Inserm Lyon et président de la Société francophone de chronobiologie. Mais les gens ont oublié que la photopériode naturelle fait que, de toute façon, le soleil se couchera cinq heures plus tôt l’hiver et cinq heures plus tard l’été ».

Or, « la vie animale comme végétale s’est développée en lien avec la luminosité solaire. Donc l’heure idéale, d’un point de vue chronobiologique, est l’heure solaire, qui n’est déjà pas l’heure à laquelle on vit, puisque l’on vit à GMT + 1 [GMT correspondant à l’heure du soleil au méridien de Greenwich], et même à GMT + 2 l’été, soit deux heures plus tard que l’heure solaire. Cet horaire crée un jet-lag social de deux heures : nos horaires biologiques et nos horaires d’activités sont décalés », rappelait-il. Un décalage qui « perturbe le rythme circadien ». En clair, l’heure d’hiver correspond davantage à notre horloge biologique. Avec le soleil qui se couche plus tôt, on se couche plus tôt : la baisse de luminosité favorise la production de mélatonine, l’hormone du sommeil. Là où l’heure d’été, en retardant notre horloge biologique, retarde notre heure d’endormissement et creuse un peu plus notre dette de sommeil. Pour notre santé, l’heure d’hiver est la plus bénéfique.

Les vertus apaisantes des couleurs d’automne

Autre atout de l’automne : les arbres qui se parent d’une palette d’ocre, de rouge, d’oranger ou de brun. Des couleurs chaleureuses et réconfortantes. Une simple promenade sur un tapis de feuilles d’automne aura ainsi les mêmes effets apaisants qu’une séance de méditation.

« Il y a des mécanismes archaïques dans nos réactions aux couleurs, et celles de l’automne nous influencent, indique Florence Servan-Schreiber, spécialiste de la psychologie positive et autrice de l’ouvrage 3 kifs par jour (éd. Marabout). Nous sommes ainsi très sensibles à la couleur du ciel, son bleu azur apporte de la joie. Le vert de la nature est apaisant et signe d’abondance. Et la palette d’automne, elle, marque le changement de saison et la transition vers une période plus calme et intérieure ».

La bonne saison pour assumer sa flemme et se recentrer sur soi

Calme et intériorité : voici les maîtres mots de l’automne, où l’on assume davantage notre flemme et où l’on se recentre sur soi. « C’est une période où l’on s’autorise sans culpabilité à ralentir, explique Florence Servan-Schreiber. Durant le printemps et l’été, on cumule les activités et les rencontres jusque tard dans la journée. Mais l’obscurité de l’automne fait que notre rythme change, on se recentre sur des choses intérieures, plus apaisantes. Quand les journées sont moins longues, il y a beaucoup moins de “FOMO” [fear of missing out], cette peur de rater le moindre événement. On a plutôt envie de rentrer se détendre au chaud. On choisit davantage ce qui nous apporte de la satisfaction, que ce soit prendre le temps de lire, de cuisiner de bons plats ou d’aller plus souvent au cinéma. Cela ne signifie pas qu’on entre en hibernation et qu’on s’isole ! C’est une saison où l’on prend le temps de prendre soin de son âme, de faire ce qui nous fait envie, et de voir des gens qui apportent réconfort et amitié ».

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