Sextoys, dessert, culture et espaces verts… On est allé se faire plaisir à Plaisir

Depuis vendredi, 20 Minutes se consacre au plaisir sous toutes ses formes. Oui, on parle de sexualité, mais aussi de plaisirs gustatifs, olfactif ou sportif.

De notre envoyé spécial à Plaisir (Yvelines),

A seulement 32 ans au compteur, on n’aura pas la prétention d’avoir déjà trouvé la clé du bonheur. Pour ce qui est du plaisir, par contre, c’est bon, on sait désormais comment y accéder. Un ticket de Transilien à 5 euros, vingt-cinq minutes de transport depuis Paris, et nous voilà bel et bien à Plaisir, petite ville des Yvelines. Comme quoi, ce n’était franchement pas si difficile.

« Ce nom sympathique nous va plutôt bien », nous a même assuré Joséphine Kollmannsberger, maire de la ville et certaine qu’on ne serait pas déçu du voyage. Avant de nous jurer que le plaisir était ici une affaire sérieuse : « On ne joue pas avec ce nom dans notre communication, cela doit se porter tout seul et se suffire. » Alors qu’importe si la météo a décidé d’être capricieuse et que la pluie empêche de profiter des nombreux espaces verts, l’un des points forts de la bourgade avec 54 % du territoire. Ou que la vue du château est un peu gâchée par ce ciel gris. On est bien décidé à se faire plaisir à Plaisir.

« Ouvrir un love store à Plaisir, on a dit ”Bingo” ! »

Première étape incontournable de la ville par temps moche, et « argument touristique phare », de l’aveu même de la maire, le centre commercial Mon grand plaisir, véritable caverne d’Ali Baba au milieu de la campagne d’Ile-de-France. Vous y trouvez à peu près tout type d’enseignes : Mango, Primark, cinéma UGC, Burger King, Starbuck, Flunch, Celio… et même le très coloré Fête Sensation, qui se vante d’être le plus grand magasin du genre de toute la région. « Il y a encore mieux qu’être vite desservi de Paris, il y a le fait de ne pas avoir besoin d’aller à Paris. Ça, c’est vraiment un plaisir », raille Véronique, 43 ans et peu encline à aller se confronter au métro parisien et habitants dépressifs de la capitale. « A Plaisir, on trouve tout ce qu’il faut d’une ville, avec la forêt à dix minutes. »

Paco, gérant du Love Shop Cockin(e)s - JLD/20 Minutes

Et quand on dit tout, on parle vraiment de tout. Direction Cockin(e) s, le love store où nous attendent huile de massages, sextoys et autres jouets & accessoires pour les plaisirs certifiés 18 ans et plus. « Mon associé et moi cherchions à ouvrir dans notre région des Yvelines, et quand on a vu qu’il y avait des locaux disponibles à Plaisir, c’était ”Bingo” ! Presque prédestiné », sourit Paco, le gérant. Derrière le trait d’esprit, Paco est comme la maire : bien décidé à prendre le plaisir au sérieux. « Ce que je voulais, c’est de l’érotisme, de la sensualité, ni vulgarité ni pornographie », indique-t-il en nous faisant un sympathique tour du propriétaire.

« Des concerts de oufs », de la bière et de la fête

Et effectivement, on est loin du sex-shop – le gérant veut absolument distinguer son établissement de ce mot – sordide, dans la pénombre. Ici, les baies vitrées laissent rentrer la lumière, on voit comme en plein jour, et il y a même des murs végétaux. « Ma clientèle consiste majoritairement en des couples qui veulent retrouver un peu de fantaisie et de frisson, même si évidemment je vends des jouets pour les femmes ou hommes seuls. » Ça tombe bien, Auto Plaisir, carrosserie de la ville, se trouve à quelques mètres de là.

Florence Camoin, directrice du théatre Coluche sous l'oeil bienveillant de l'humoriste
Florence Camoin, directrice du théatre Coluche sous l’oeil bienveillant de l’humoriste - JLD/20 Minutes

Allez, fini les jeux de mots faciles. Place à un autre incontournable, le théâtre Coluche. Comptez 860 places pour la salle principale franchement pas dégueu pour une ville de 30.000 habitants. « C’est un beau paquebot », vante la directrice, Florence Camoin, en nous faisant la visite. Salle de danse, vestiaire, scène de concert pouvant accueillir 300 spectateurs debout… « On y fait des concerts de ouf », lâche la patronne tout en passant devant le bar de l’établissement, où on ne peut s’empêcher de remarquer une tireuse à bière. « C’est très important, on essaie d’être toujours plus festifs. »

Un dessert pour se finir

Mais au-delà du « ouf » et de l’ivresse, la directrice s’estime surtout très chanceuse d’être : « La maire est une ancienne metteuse en scène et comédienne, elle est donc très compréhensive sur la culture ». Comptez donc des concerts, des spectacles, des expos et une solide réputation désormais dans la région. « On accueille 50 % de Plaisir et 50 % des autres villes environ. Mon boulot, c’est de trouver des spectacles où les gens sont debout à la fin, il y a pire. Les habitants de Plaisir sont très réceptifs ».

Grégory, patron du Caffe Moretti
Grégory, patron du Caffe Moretti - JLD/20 Minutes

Dernière étape de notre périple, le plaisir gustatif. Après avoir été conseillé par de multiples riverains, direction le Caffé Moretti. On y partage avec Grégory, le patron, son dessert préféré de la carte : un vanilla caramelo, même si les viandes sont la vraie spécialité du restaurant. Alors, le plaisir selon Grégory ? « Une cuisine simple, faites maison, et goûteuse. » Et quitte à être épicurien, autant avoir une cave à vin. Malgré le nom très italien, on y trouve d’autres cuisines. Une explication ? « On aime être simple et se faire plaisir, mais on est mercantile quand même. La cuisine italienne, ça fait vendre. »

Au moment de partir sur une dernière interview dans la rue – sans pluie, enfin –, une habitante nous remercie de faire la promotion de sa ville. De rien, ça fait plaisir.


Posted

in

by

Tags:

Comments

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *