Plus d’un élève par classe victime de harcèlement scolaire, selon une enquête nationale révélée ce lundi

«C’est un véritable fléau qu’il nous faut absolument réguler », a déclaré la ministre de l’Education nationale, Nicole Belloubet. Plus d’un élève par classe est en moyenne victime de harcèlement scolaire, selon les résultats d’une grande enquête nationale révélés ce lundi par la ministre.

L’enquête menée en novembre 2023, dans le sillage d’un plan interministériel contre le harcèlement scolaire, a démontré que 5 % des écoliers du CE2 au CM2, 6 % des collégiens et 4 % des lycéens sont considérés comme victimes de harcèlement, a précisé la nouvelle ministre lors de son premier déplacement, au collège Robert-Schuman de Reims (Marne). « Un élève ne doit pas venir dans son établissement scolaire la peur au ventre, mais au contraire le sourire aux lèvres », a encore ajouté Nicole Belloubet.

Vers un « baromètre annuel du harcèlement en milieu scolaire »

« En milieu scolaire, le harcèlement est le fait, pour un élève ou un groupe d’élèves, de faire subir de manière répétée à un camarade des propos ou des comportements négatifs voire violents », expose le service statistique de l’Education nationale, qui a exploité un échantillon représentatif de 17.000 questionnaires soumis à un total de 7,5 millions d’élèves du CE2 à la terminale.

Les conclusions de l’étude révèlent par ailleurs qu’une part non négligeable des élèves doit faire l’objet d’une vigilance accrue face au risque de harcèlement, soit 19 % des écoliers du CE2 au CM2, 6 % des collégiens et 5 % des lycéens. Ces chiffres sont à mettre au regard d’un précédent chiffrage abondamment relayé par la presse et les responsables politiques faisant état d’une moyenne d’un élève sur 10 concerné par le harcèlement scolaire.

Cette vaste enquête sera désormais menée chaque année sous la forme d’un « baromètre annuel du harcèlement en milieu scolaire » destiné à suivre l’évolution de ce phénomène, a annoncé la nouvelle ministre de l’Education.

Série de drames

Le gouvernement a dévoilé fin septembre un plan interministériel de lutte contre le harcèlement scolaire, promettant une « mobilisation générale » contre ce « phénomène massif ».

Cours d’empathie, confiscation du portable dans les cas graves, exclusion des élèves harceleurs sur les réseaux sociaux : l’exécutif a affirmé faire de la lutte contre le harcèlement scolaire sa « priorité absolue » pour la rentrée 2023 après une série de drames comme le suicide de la jeune Lindsay dans le Pas-de-Calais ou d’un adolescent, Nicolas, dans les Yvelines.


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