L’Etat hébreu « étend » ses opérations terrestres à Gaza et coupe les communications

Un déluge de feu s’est abattu sur Gaza, vendredi soir, juste avant que l’Etat hébreu annonce qu’il « étendait » ses opérations terrestres dans le territoire – sans que cela soit, semble-t-il, la grande offensive attendue depuis le début du conflit provoquée par l’attaque barbare du Hamas il y a trois semaines.

Après l’annonce israélienne, le Hamas a fait état dans la nuit de violents combats dans la bande de Gaza. « Nous faisons face à des incursions israéliennes au sol à Beit Hanoun (nord) et al-Boureij (centre). De violents combats sont en cours », a affirmé la branche militaire du Hamas, les brigades Ezzedine al-Qassam, dans un communiqué.

Un porte-parole de l’armée israélienne a indiqué de son côté à l’AFP dans la nuit de vendredi à samedi que les forces israéliennes opéraient « à l’intérieur de la bande de Gaza comme elles l’ont fait » la nuit précédente. L’armée israélienne avait alors mené une incursion dans le petit territoire avant de se retirer.

Ces combats sont intervenus après que l’armée a annoncé avoir intensifié ses frappes « d’une manière très significative » sur la bande de Gaza et affirmé vouloir y « étendre » ses opérations terrestres.

Human Rights Watch redoute « des atrocités de mass » avec les communications coupées

Les frappes israéliennes, très intenses selon des images de l’AFP, ont atteint une ampleur inédite depuis le début de la guerre. Vendredi soir, le ciel au dessus de la bande de Gaza était rouge et orange, embrasé par les explosions et les couleurs des incendies déclenchés par les frappes, selon des images en direct de l’AFP.

Dans le même temps, les communications et internet ont été coupés à Gaza, selon le gouvernement du Hamas, au pouvoir dans ce territoire depuis 2007. Les journalistes de l’AFP ont expliqué qu’ils ne pouvaient communiquer que dans les zones où ils captaient le réseau israélien. L’ONU, l’OMS et de nombreuses organisations n’ont pas réussi à joindre leur personnel à Gaza et ont fait part de leur inquiétude

La coupure des télécommunications risque de « servir de couverture à des atrocités de masse », a averti samedi l’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch (HRW). « Cette coupure de l’information risque de servir de couverture à des atrocités de masse et de contribuer à l’impunité des violations des droits humains », a déploré une responsable de HRW, Deborah Brown, dans un communiqué.

L’ONU, qui réclame une trêve, a dit redouter une « avalanche sans précédent de souffrances » dans le petit territoire palestinien de 362 km2 assiégé et privé de tout, où s’entassent quelque 2,4 millions d’habitants.

Vote non contraignant à l’ONU pour une « trève humanitaire »

Le Hamas a appelé le monde à « agir immédiatement pour faire cesser les bombardements israéliens, tout en se disant « prêt » en cas d’offensive terrestre. Le mouvement islamiste palestinien a aussi annoncé avoir tiré « des salves de roquettes » sur Israël.

Les dirigeants de l’Union européenne ont demandé des « pauses » dans le conflit et l’ouverture de couloirs humanitaires. Les Etats-Unis, alliés d’Israël, se sont également dit favorables à des « pauses humanitaires ». L’Assemblée générale de l’ONU a réclamé vendredi à une large majorité une « trêve humanitaire immédiate ». Le texte a été qualifié d’ « infamie » par Israël, mais salué par le Hamas.

Depuis le 21 octobre, 74 camions d’aide humanitaire sont arrivés depuis l’Egypte dans la bande de Gaza, selon l’ONU, quand il en faudrait au moins cent par jour.

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