Le Niger veut une nouvelle monnaie pour sortir de la colonisation –

La possible création d’une monnaie commune entre le Niger, le Burkina Faso et le Mali suscite actuellement de vives réflexions au sein de ces nations, révélant ainsi un désir profond de rompre avec le passé et de revendiquer une souveraineté économique renforcée. Cette initiative, évoquée par le général Abdourahamane Tchiani, chef de la junte militaire au pouvoir au Niger, s’inscrit dans un contexte de remise en question du franc CFA et des structures héritées de la colonisation.

Dans une déclaration relayée lors d’une intervention télévisée, le général Tchiani a clairement exprimé la volonté des trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) de se libérer du franc CFA, considérant cette démarche comme une étape cruciale dans la lutte contre la « colonisation » économique. Cette déclaration met en lumière les aspirations communes des pays sahéliens à réaffirmer leur souveraineté monétaire.

L’idée d’une monnaie commune est perçue comme un symbole fort de cette quête de souveraineté, un pas concret vers l’émancipation économique de ces États. Le général Tiani souligne ainsi que la monnaie est un signe distinctif de l’indépendance nationale, renforçant l’engagement des pays membres de l’Alliance à reprendre en main leur destinée économique.

Cependant, bien que l’intention soit clairement affirmée, les détails concrets de cette transition restent à définir. Des discussions approfondies et l’implication d’experts monétaires seront nécessaires pour élaborer les modalités pratiques de cette nouvelle monnaie commune.

Cette démarche ne se limite pas à une simple réforme monétaire, mais s’inscrit dans un mouvement plus large de revendication de souveraineté économique. Les critiques récurrentes à l’encontre du franc CFA, perçu comme un vestige de la domination coloniale et comme un frein au développement, ont nourri cette volonté de changement au sein de l’Uemoa et de la région sahélienne dans son ensemble.

En parallèle, les récents événements politiques ont également exacerbé les tensions entre les pays sahéliens et les institutions régionales telles que la Cedeao. Le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la Cedeao, ainsi que les divergences d’opinion quant à la gestion des crises politiques, soulignent les désaccords profonds et la volonté des États sahéliens de se détacher des influences extérieures perçues comme néfastes à leur autonomie.


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