Le fact-checking, un must pour les journalistes – IWACU

Dans le journalisme, le doute et la vérification des faits sont importants. Dans un monde en pleine mutation avec le déchainement des TIC, il y a de plus en plus des gens qui se disent journalistes. Ils inondent le web avec de fausses informations. Un grand défi à relever pour le vrai journaliste.

Une information, une image ou une vidéo peuvent être accessibles à plusieurs millions, voire des milliards de personnes en une minute et cela grâce à la technologie. Que tout cela soit faux ou pas, l’effet que cela produit diffère du contenu.

Avec cette technologie, la manipulation devient monnaie courante. Une personne se réveille et crée un compte sur n’importe quel réseau social et le tour est joué pour faire du journalisme et faire sa propagande avec des informations qui lui rendent célèbre, lui font des intérêts, … Les raisons sont multiples.

Le chalenge des journalistes est immensément grand, par manque de sources sûres et fiables. Ignorant les techniques, dont le fact-checking, pour identifier la source et la véracité de l’information, certains d’entre eux se retrouvent pris au piège et relaient l’information croyant à sa véracité.

Pour Jupiter Mayaka, productrice du magazine de la Radio France Internationale, les outils sont à portée de main et ils sont à partager avec les professionnels des médias afin de se protéger des fausses informations.

Avec son expérience, elle fait savoir que le journaliste doit être outillés pour détecter le vrai du faux. « Un journaliste doit être vigilant, par exemple devant une image ou une vidéo, avant de les prendre pour vraies. Beaucoup de personnes prennent des images ou vidéos, et avec la technologie, les modifient comme bon leur semblent, les truquent de plusieurs manières selon leurs fins et les balancent », fait-elle savoir.

« Le truquage de certaines images ou certaines vidéos est visible à l’œil nu si on y met un peu d’attention mais avec les moteurs de recherche et de vérification, le journaliste peut y voir claire », explique-t-elle.

La censure ou la sensibilisation

Pour les professionnels des médias, le CNC devrait distinguer les vrais des faux journalistes

Pour les professionnels des médias, le combat sera une lutte de longue haleine. Certains utilisateurs des réseaux sociaux, sous anonymat, semblent avoir une certaine influence et jouent à faire le journalisme.

Et certains journalistes sont déjà tombés dans leur piège et prennent les informations que ces derniers diffusent et les prennent pour des vérités d’Évangile.
« Ces anonymes ont des sources hauts placés qui leur fournissent des informations qu’ils donnent, des fois ces informations s’avèrent vraies. Le problème qui survient pour les professionnels des médias est qu’une fois que l’info s’avère vraie, la diffusion devient autre chose, un autre problème parce qu’il y a un risque de s’attirer des foudres, bon nombre préfèrent lâcher prise ».

Dans pareil cas, fait remarquer Christian Bigirimana, rédacteur en chef à Jimbere Magazine, c’est cet anonyme agissant souvent sous pseudonyme qui prend la place du journaliste qui informe.

Un autre problème que les professionnels des médias burundais font face est la divulgation des informations, qui vont à l’encontre de la déontologie journalistique que certains journalistes reconnus comme tels par le conseil national de communication, se permettent au vu et au su de cet organe de régulation des médias burundais : « Cela décrédibilise et terni l’image du vrai journaliste ».

Pour les professionnels des médias, le CNC devrait distinguer les vrais des faux journalistes. « Reconnaître que tel est journaliste sans tenir compte de ce qu’il compte faire avec ce titre, devrait faire réfléchir le CNC et il faudrait laisser ceux qui le peuvent et le savent exercer leur métier en toute liberté ».

Christian Bigirimana de Jimbere Magazine, ne mâche pas ses mots : « Il y a plus de 200 journalistes reconnus par ce conseil, un balayage devrait être fait avant que cela ne soit trop tard, intenable, difficile à maîtriser ».

Signalons que cette rencontre a été organisée par RFI Kiswahili et l’ONG d’appui aux médias La Benevolencija dans un atelier d’échange entre professionnels des médias et Jupiter Mayaka, productrice du magazine « Ukweli na Uongo » sur RFI, à l’Institut Français de Bujumbura ce 26 octobre 2023.


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