L’avenir du Tomorrowland Winter menacé? Un collectif écologiste ambitionne de faire annuler le festival

L’avenir du Tomorrowland Winter, qui a su « replacer l’Alpe d’Huez sur la carte du monde » est-il menacé ? Lancé mi-octobre, le tout jeune collectif « Stop au Tomorrowland Alpe d’Huez » ambitionne clairement de faire la peau au festival de musique électronique « sur le long terme ». En attendant, il menace déjà de perturber l’édition 2024 prévue du 16 au 24 mars. La raison ? L’événement, qui a drainé 22.000 participants l’hiver dernier, est « écologiquement aberrant », juge-t-il, arguments à l’appui.

« La moitié des festivaliers viennent de l’autre bout de la planète », pointe Sébastien, l’un des membres du collectif. Et de s’interroger : « Est-ce bien raisonnable ? L’empreinte carbone des vols représente plusieurs milliers de tonnes équivalent CO2 ». 6.000 tonnes, selon un calcul effectué par le mouvement Extinction Rebellion. « En intégrant tous les déplacements en voiture, la logistique du festival et la (sur)consommation pendant l’événement, l’empreinte carbone est comparable à la valeur annuelle de l’ensemble des villageois résidant à l’Alpe d’Huez. C’est faramineux », avance ce dernier sur son site Internet.

53 % des festivaliers venus de France

Les organisateurs, qui n’ont pour l’instant eu aucun échange avec le collectif, s’inscrivent en faux contre ces affirmations. « Lors de l’édition 2023, 53 % des festivaliers étaient Français », répond Debby Wilmsen, chargée des relations presse du festival Tomorrowland. Le reste ? 27 % d’Européens et 20 % qui « viennent de loin », c’est-à-dire des Etats-Unis, du Brésil, du Canada ou de l’Australie. Ceux-là ont profité du festival pour s’offrir une escapade prolongée en France ou dans d’autres grandes villes européennes, assure-t-elle, ajoutant que l’avion n’est de fait pas le moyen de transport principal.

« Nous avons des bus qui partent de Belgique, des Pays-Bas, de la France et de l’Allemagne. D’autres festivaliers viennent en voiture ou en train. Et il n’y aura pas d’avion l’année prochaine », ajoute Debby Wilsem. Pas de quoi convaincre les militants écologistes. « Nous ne sommes pas contre la musique mais la montagne n’est plus le lieu pour ce genre d’événement dont le modèle est passé », juge Sébastien. Et d’insister : « Il y a une surfréquentation sur la période donnée, des nuisances sonores et lumineuses. Certaines scènes se trouvent à quelques centaines de mètres du parc national des écrins, ce qui peut perturber grandement la faune qui y vit. »

« Montagne raisonnable et désirable »

« Aujourd’hui, la question est de savoir quelle montagne nous voulons. Une montagne qui attire des milliers de touristes venus des quatre coins du monde ? Ou une montagne raisonnable, désirable qui correspond davantage aux envies des gens vivant dans la vallée ? », questionne le jeune homme, dénonçant la « démesure » du festival.

« L’organisation d’un festival cause des nuisances et nous en sommes tout à fait conscients, que ce soit à De Schorre (Belgique) ou dans les Alpes mais nous travaillons avec beaucoup de respect pour la nature et pour l’environnement, se défend Debbie Wilsem. Le festival s’applique toujours à respecter la limite sonore légale autorisée. Nous nous efforçons de minimiser les nuisances et notre empreinte. » Ce qui passe par le recyclage de l’eau mis en place en Belgique, le traitement des déchets, la « réutilisation de lieux déjà existants » pour les différentes scènes ou les « emballages de boisson 100 % recyclables ».

« Dans la mesure du possible, nous choisissons toujours la solution la plus durable et la plus écologique et nous la transmettons également à nos partenaires et à nos fournisseurs. Nous leur demandons de signer une charte dans laquelle ils s’engagent à toujours choisir la proposition la plus durable », souligne-t-elle, ajoutant qu’un travail de « sensibilisation » est effectué auprès des festivaliers.

Selon Tomorrowland, les retombées économiques « locales » de l’événement sont estimées à 16 millions d’euros, dont 13 millions d’euros pour les commerçants.

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