Interdit en raison du « contexte », un spectacle de Dieudonné finalement autorisé

La préfecture du Haut-Rhin l’avait initialement interdit notamment en raison du « contexte local particulièrement sensible au conflit israélo-palestinien ». Finalement, la justice a autorisé ce vendredi le spectacle de l’humoriste controversé Dieudonné prévu à Mulhouse.

« En décidant l’interdiction du spectacle de [Dieudonné] M’Bala M’Bala, alors qu’aucune circonstance particulière ne permet de tenir pour établi le risque allégué de trouble à l’ordre public, le préfet du Haut-Rhin a porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d’expression » et « de réunion », indique le tribunal administratif (TA) de Strasbourg, saisi par Dieudonné, dans le jugement transmis par l’entourage de l’humoriste.

Lieu tenu secret

Sollicitée, la préfecture du Haut-Rhin n’a pas réagi. « L’exécution de l’arrêté du 25 octobre 2023 par lequel le préfet (…) a interdit, sur tout le territoire du Haut-Rhin, la représentation du spectacle (…) prévu » vendredi à Mulhouse « est suspendue », conclut le tribunal.

L’humoriste de 57 ans avait annoncé sur son site Internet la tenue d’une représentation intitulée « Sous bracelet : un spectacle hors du commun », à Mulhouse vendredi, dans un lieu tenu secret qui devait être dévoilé aux détenteurs d’un billet quelques heures à l’avance. Dans le jugement du TA, il est toutefois indiqué une adresse dans le Parc des Expositions de Mulhouse.

De précédents spectacles sans « affrontements »

Arguant des « nombreuses condamnations pénales pour avoir tenu des discours négationnistes et incitant à la haine raciale » et « d’un contexte local particulièrement sensible au conflit israélo-palestinien et ses conséquences sur l’ordre public », le préfet Thierry Queffélec avait décidé, par arrêté, d’interdire cette représentation, selon un communiqué diffusé jeudi par la préfecture.

Le spectacle de Dieudonné a toutefois été donné dans plusieurs villes ces dernières semaines sans donner « lieu à des affrontements », note le TA. Par ailleurs, le tribunal estime qu’« aucun élément ne permet de considérer » qu’il « serait, par lui-même, de nature à favoriser l’importation sur le sol français du conflit israélo-palestinien, ni qu’il serait l’occasion pour l’intéressé de tenir des propos “constitutifs d’apologie du terrorisme” ».

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