Des militants écolos de Dernière Rénovation aspergent la pyramide du Louvre d’eau orange

« J’ai entendu Dernière Rénovation, mais ils veulent faire quoi au Louvre ? ». La tension était palpable au sein des forces de l’ordre et des services de sécurité vendredi matin peu avant 10 heures sur l’esplanade du Louvre. Et pour cause se préparait le plus discrètement possible une action de désobéissance civile du collectif Dernière Rénovation.

Au milieu des touristes, dont certains posaient déjà en robe de soirée malgré la fraîcheur matinale, un petit groupe de journalistes, dont faisait partie 20 Minutes, était retenu dans un coin de la place et contrôlé deux fois en moins de dix minutes. A priori porter une caméra sur la place du Louvre est une raison suffisante pour un contrôle d’identité en période Vigipirate « urgence attentat » ! Enfin pas pour les touristes et leur perche à selfie.

« Rendre visible notre revendication »

Pendant ce temps-là, le collectif Dernière Rénovation s’organisait au milieu des badauds pour mener à bien son action du jour, à savoir asperger la façade de l’édifice d’eau colorée en orange, pour demander un grand plan de rénovation thermique au gouvernement. Un grimpeur sur l’une des façades, et plusieurs militants munis de ballons colorés déclenchaient alors l’opération. Panique chez les forces de l’ordre, qui n’ont pu intervenir à temps pour les empêcher d’agir.

« L’objectif était de rendre visible notre revendication, qui est la rénovation thermique des bâtiments. Et pour être visible, il faut s’attaquer à des monuments qui sont eux aussi visibles », expliquait Simon, l’un des porte-parole de Dernière Rénovation. Ses camarades militants, lanceurs de bombes à eau colorée, ont été immédiatement stoppés par les autorités et se sont mis en position pacifiste, pour affirmer leur volonté de désobéissance civile.

Un plan annuel de 12 milliards d’euros pour la rénovation thermique des bâtiments

En quelques minutes, devant des visiteurs et des touristes ébahis accrochés à leur smartphone, l’opération coordonnée du collectif se déroulait sans accroc. Seule une banderole qui devait se déployer sur la pyramide n’a pu être accrochée sur le monument. « L’action d’aujourd’hui est une réussite puisqu’on a réussi à visibiliser notre campagne et notre revendication, qui est, il faut le rappeler, un budget annuel de 12 milliards euros pour la rénovation thermique des bâtiments et un plan sur plusieurs années pour structurer cette filière de rénovation ».

« En fait, ils jettent de la peinture qui s’enlève parce qu’ils sont en colère contre le réchauffement climatique, parce que les gens ne font rien pour améliorer la lutte pour le climat. Tu vois bien que l’été, on a trop chaud », expliquait une maman à son fils de 5 ans, ébahi devant « tous ces policiers qui gardent des gens par terre ».

Les militants assis à même le sol au milieu des restes de peinture, bras droit levé en signe de paix, attendaient sagement la suite de l’opération, pendant qu’une autre partie du collectif chantait et applaudissait largement. « Et un, et deux et trois degrés, c’est un crime contre l’humanité ! » « Merci, merci pour nos enfants. Vous êtes courageux », entendait-on au milieu des touristes. Et pour cause, ils risquent d’être interrogés et placés en garde à vue, voire de passer en comparution immédiate comme plusieurs autres militants de Dernière Rénovation, depuis la création du collectif en 2022.

Le collectif rappelait également dans son communiqué que sa demande « ne vise qu’à faire respecter la loi. D’une part, l’Etat français a été condamné par deux fois pour inaction climatique. D’autre part, la stratégie nationale bas carbone vise un objectif de 370.000 rénovations efficaces par an jusqu’en 2030. La réalité est qu’en 2022, seules 13.000 d’entre elles ont été financées par le dispositif MaPrimeRénov. A ce rythme, il faudra 2.600 ans pour rénover les 35 millions de logements français ». Mais seulement quelques minutes aux autorités pour intervenir. « Ce n’est pas un lieu public. Vous ne pouvez pas filmer. Reculez, ça suffit ». Ah, la place du Louvre serait donc devenue autre chose qu’une case prisée au Monopoly.

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